90 milles d’ébats d’amour

Serait-elle ma voix qui t’a pris par surprise la première fois ? Des paroles distantes, manquantes de sentiments. Aurait-elle été peut-être mon âme ? 

Comme un fil trop délicat, mes paroles sont devenues rassurantes, cordiales, pleines d’esprit et mises en place. Un rêve d’amour, au-delà de nos inexistantes mémoires, des rêveries de mots scintillantes.

Raconte-moi maintenant tout ce dont tu te souviens. Tout ce qui n’est jamais arrivé : cette première rencontre chez toi, passée si rapidement qu’un coup de foudre, qu’un éclair, qu’un éclat. Dis-moi mon cher, dis-moi mon âme. Tes mains sur mes seins ; ma voix qui chuchote à l’oreille ; ton corps comme un ciel lourd sur le mien. Mon corps impatient, résistant l’élan du désir de t’aimer sur le sable.

Sous ce ciel d’été soleillé à peine, j’ai du mal à sortir de moi-même, sans tomber sur l’émoi vide des coeurs qui traversent ma vie désireuse, sans laisser trace de paix ou guerres. À contrecoeur, à la recherche du temps perdu, sans s’y retrouver quand même.

Sur cette plage vide d’étoiles, 90 milles de mémoires, de remords bouleversants, entre cap Rienga et la baie d’Ahipara, j’empatte mon siège spirituel, à travers duquel mon âme part pour retourner à sa terre d’origine universelle. Mon âme maorie d’adoption, la tienne.

J’imagine ton corps m’approchant comme une claire de lune noire. Un instant de joie nue dans cette vie tourmentée, cette vie inconnue, ce malentendu d’ébats d’amour qui se débat pour s’en libérer à peine. 

Tes doigts caressant mon cou, mes épaules, ma poitrine, mes hanches. Tes mains découvrant ma pelle, tout en-haut, tout en bas. Je fremis. Tu m’embrasses. Je m’évanouis. Tu me serres dans tes bras.

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Albertine

Albertine

Albertine despareció de mi vida una tarde de verano. Su ausencia impregnó mi cuerpo y mi cama de la humedad y el frío de un invierno huraño. Albertine abandonó mis ganas, mi vida, y partió en busca del tiempo perdido con mi corazón en su mano y sin una despedida.

El sufrimiento es un golpe emocional impuesto que, como la energía, jamás desaparece sino que se transforma. El sufrimiento tiende a cambiar de forma, pero ya jamás perece y por siempre nos ahoga. Nos sumergimos en otros proyectos, otros cuerpos, otras manos, esperando que ese sufrimiento se volatice y nos abandone presto tal y como nos sorprendió de repente, sin ser llamado. Pero la cobardía que nos lleva a rehuir ese dolor no es suficiente para abatir la ausencia de ese amor perdido, pasado.

Albertine llenaba mis días de caricias de alegría. Me acostumbré a que fuera siempre mía. Su sexo siempre estaba dispuesto a saciar mis ansias, mi deseo; como una rima en verso que te traen los rayos del sol que despunta inevitablemente cada día. Su existencia me pertenecía, su cuerpo existía para saciar el mío. Solo el verme gozar la complacía. Albertine era solo mía. Su marcha es un ultraje a mi razón de ser, una violación a mi derecho al placer, un atentado contra mi felicidad, contra todo mi ser. Albertine no tenía derecho a abandonarme y dejar a cambio de su presencia el sufrimiento de su ausencia. Es un ser odioso e inhumano, Albertine. Su traición le costará la vida.

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