90 milles d’ébats d’amour

Serait-elle ma voix qui t’a pris par surprise la première fois ? Des paroles distantes, manquantes de sentiments. Aurait-elle été peut-être mon âme ? 

Comme un fil trop délicat, mes paroles sont devenues rassurantes, cordiales, pleines d’esprit et mises en place. Un rêve d’amour, au-delà de nos inexistantes mémoires, des rêveries de mots scintillantes.

Raconte-moi maintenant tout ce dont tu te souviens. Tout ce qui n’est jamais arrivé : cette première rencontre chez toi, passée si rapidement qu’un coup de foudre, qu’un éclair, qu’un éclat. Dis-moi mon cher, dis-moi mon âme. Tes mains sur mes seins ; ma voix qui chuchote à l’oreille ; ton corps comme un ciel lourd sur le mien. Mon corps impatient, résistant l’élan du désir de t’aimer sur le sable.

Sous ce ciel d’été soleillé à peine, j’ai du mal à sortir de moi-même, sans tomber sur l’émoi vide des coeurs qui traversent ma vie désireuse, sans laisser trace de paix ou guerres. À contrecoeur, à la recherche du temps perdu, sans s’y retrouver quand même.

Sur cette plage vide d’étoiles, 90 milles de mémoires, de remords bouleversants, entre cap Rienga et la baie d’Ahipara, j’empatte mon siège spirituel, à travers duquel mon âme part pour retourner à sa terre d’origine universelle. Mon âme maorie d’adoption, la tienne.

J’imagine ton corps m’approchant comme une claire de lune noire. Un instant de joie nue dans cette vie tourmentée, cette vie inconnue, ce malentendu d’ébats d’amour qui se débat pour s’en libérer à peine. 

Tes doigts caressant mon cou, mes épaules, ma poitrine, mes hanches. Tes mains découvrant ma pelle, tout en-haut, tout en bas. Je fremis. Tu m’embrasses. Je m’évanouis. Tu me serres dans tes bras.

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N’importe où hors du monde !

Mar - Kush

Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit, de changer de vie, de changer d’amant.

Le médecin nous conseille toujours une vie tranquille et conventionnelle dans la famille, dans le mariage. Pourtant, on croit toujours que l’on serait plus content avec n’importe quelle autre vie, n’importe quel autre amant. C’est une question que je discute sans cesse avec mon âme.

« Dis-moi, mon âme, que penserais-tu d’aimer un homme libre, sauvage, qui me prenne habile dans ses bras, qui me fasse l’amour débridé, sans chaînes, sans remords. Un homme fort, brutal, qui pénètre mon sexe jusqu’à la privacité inconnue de mes désirs indicibles ». Mon âme ne répond pas.

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